bouquet 1

Fête des mères

 

Dans une vie on passe par tous ces états : enfants, parents, grands-parents.

On connaît donc les difficultés que chaque période recèle.

Lorsqu’on est petit enfant, notre mère est le repère  qui guide nos pas. LA personne qu’on aime le plus au monde, même si on ne comprend pas  qu’elle n’a pas d’autre possibilité que de nous choyer, nous aimer, nous aider à grandir pour qu’ensuite nous devenions à notre tour des parents.

La vie en société évolue, de plus en plus vite.

Née pendant la guerre, j’ai eu une enfance contrainte, soumise. L’obéissance ne faisait aucun doute. On était de bons enfants si on respectait ses parents, si on les aidait lorsqu’ils étaient dans le besoin. On ne partait pas à l’autre bout du monde pour travailler, le travail était à notre porte.

Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des familles écartelées aux quatre coins du monde. Les réunions ne se font qu’une fois par an dans le meilleur des cas. Seules les obsèques arrivent à réunir l’ensemble des fratries. Dommage ! A ce moment les sentiments deviennent inutiles, les larmes stériles, les remords aussi.

Mon fils vit à 10.000 kilomètres de nous. Mes petits-enfants ont grandi sans grands-parents, ils sont adultes, ils nous aiment, de loin ! Nous ne les connaissons pas, eux non plus ne nous connaissent pas. Le jour de notre départ ils auront du chagrin, peut-être se rendront-ils compte de tout ce qu’ils ont manqué. Leur père vieillissant réintègrera ce pays qu’il a quitté, poussé par l’envie de voir autre chose, d’autres cieux. Il y sera devenu un étranger, en vingt ans la population change, évolue.

Moi qui vit là je ne connais plus la moitié des gens que je croise dans les commerces. Ce sont des rats des villes émigrés à la campagne, qui ne deviendront des rats des champs qu’au bout de plusieurs générations.

La fête des mères se résume à un coup de fil, maigre salaire pour tant d’années d’amour, de soins, de soucis, d’abnégation.

Nous les aimons tant nos « petits » que nous leur pardonnons d’avoir voulu une vie sans nous, leurs géniteurs. Un jour, auront-ils les mêmes déboires ? Les vivront-ils avec la même angoisse de ne pas se revoir ?

A toutes les mamans du monde, dans toutes les langues, je souhaite de vivre heureuses du bonheur de leurs enfants.

 Car une Maman c’est ça : son bonheur c’est celui de ses enfants